Eclairage LED serre professionnelle : bien dimensionner

 In Applications professionnelles

Dimensionner un eclairage LED serre professionnelle ne consiste pas a remplir une surface de luminaires. Il s’agit d’apporter la bonne quantite de lumiere, au bon moment, sur l’ensemble de la culture, tout en maitrisant les contraintes thermiques et electriques de la serre. Une demarche structuree evite le sous-dimensionnement, qui penalise le rendement, comme le surdimensionnement, qui alourdit la facture sans benefice agronomique. Voici les etapes pour cadrer un projet d’eclairage de complement sous serre.

Pourquoi eclairer une serre professionnelle

La serre capte la lumiere naturelle, mais cet apport reste variable selon la saison, la latitude et la meteo. L’eclairage artificiel repond a plusieurs objectifs distincts, qu’il faut clarifier avant tout calcul.

  • Assimilation photosynthetique. Apporter un complement de lumiere utile dans la gamme PAR pour soutenir la croissance quand le rayonnement solaire est insuffisant, typiquement en periode hivernale et lors des jours courts.
  • Photoperiode. Allonger ou interrompre la nuit pour piloter la floraison et la mise a fleur de certaines especes, avec des besoins en intensite souvent plus faibles que pour l’assimilation.
  • Complement hivernal et jours courts. Securiser un niveau de production regulier sur les mois ou l’apport solaire ne suffit plus a atteindre les objectifs de culture.

Ces fonctions n’appellent pas le meme dimensionnement. Un eclairage d’assimilation vise un niveau de lumiere eleve, alors qu’un eclairage photoperiodique recherche surtout une presence de lumiere a faible puissance. Identifier l’objectif dominant oriente l’ensemble du projet.

Definir un DLI cible et tenir compte du soleil

Le point de depart d’un dimensionnement serieux est le DLI, soit la quantite totale de lumiere photosynthetique recue par jour, exprimee en moles de photons par metre carre et par jour. Chaque culture possede une plage de DLI favorable a sa croissance et a sa qualite. La cible se definit avec l’itineraire technique de la culture, car elle varie fortement selon l’espece et le stade.

La particularite de la serre est que le soleil fournit deja une part de ce DLI. L’eclairage LED ne couvre donc que le complement, soit la difference entre le DLI cible et l’apport solaire transmis a l’interieur. Cet apport depend de la saison, de la transmission de la couverture, de l’ombrage et de la proprete des parois. En pratique, on raisonne sur des moyennes mensuelles et sur les journees les moins favorables, pour garantir un niveau plancher meme par temps couvert. Il est prudent de mesurer le PAR reellement transmis sous la serre plutot que de partir des donnees exterieures.

Calculer le nombre de luminaires et la puissance

Une fois le DLI complementaire connu, on le convertit en un besoin d’intensite lumineuse, exprime en micromoles de photons par metre carre et par seconde sur la surface de culture. Le raisonnement relie trois grandeurs : le complement de DLI a fournir, la duree d’eclairage quotidienne et l’intensite moyenne necessaire. Plus la duree d’eclairage est longue, plus l’intensite requise diminue.

Le nombre de luminaires decoule ensuite de la surface a couvrir, du flux PAR de chaque appareil et de son efficacite, soit le rapport entre photons utiles emis et puissance consommee. Une efficacite elevee reduit le nombre d’appareils et la consommation pour un meme resultat. Le calcul tient compte des pertes par reflexion, salissure et vieillissement des sources, et integre une marge plutot que de viser au plus juste.

La hauteur disponible sous serre conditionne le choix entre des luminaires plus puissants et espaces, ou plus nombreux et rapproches. La gamme PhysioLED de FloraLED s’inscrit dans cette logique de solutions professionnelles, ou la puissance et la repartition se choisissent selon la surface et le volume a traiter.

Uniformite, hauteur de montage et recouvrement

Un DLI moyen correct peut masquer de fortes disparites entre zones bien eclairees et zones d’ombre. L’uniformite est donc un critere a part entiere. Elle depend de la hauteur de montage, de l’angle des faisceaux et du recouvrement entre luminaires voisins.

  • Hauteur de montage. Plus le luminaire est haut, plus la tache lumineuse s’elargit et se lisse, mais l’intensite au sol diminue. Un compromis se cherche entre uniformite et niveau recu.
  • Recouvrement des faisceaux. Les faisceaux des appareils voisins doivent se chevaucher pour eviter les bandes sombres entre les rangs. L’implantation se pense en grille reguliere adaptee a l’optique choisie.
  • Effets de bord. Les peripheries de la serre recoivent moins de lumiere des appareils voisins. Une densification locale ou des optiques adaptees corrigent ce deficit.

Contraintes thermiques et electriques

Tout luminaire dissipe de la chaleur. Sous serre, cet apport interagit avec la regulation climatique, la ventilation et l’hygrometrie. Il faut l’integrer au bilan thermique global, surtout en periode chaude ou il s’ajoute a une charge deja elevee. Une bonne dissipation preserve aussi la duree de vie et la stabilite de flux des appareils.

Sur le plan electrique, un projet d’envergure mobilise une puissance installee significative. Le dimensionnement verifie la capacite du tableau, la section des cables, la protection des circuits et la repartition des phases. L’appel de courant a l’allumage et la compatibilite avec l’installation existante doivent etre valides par un electricien qualifie, des la conception plutot qu’a la mise en service.

Gradation et pilotage

La gradation transforme un eclairage fixe en outil de regulation fine. En modulant la puissance des LED selon l’apport solaire mesure, on ne fournit que le complement necessaire au DLI cible. Cela limite la consommation et lisse la lumiere recue au fil de la journee.

Le pilotage permet aussi de programmer la photoperiode, de decaler l’eclairage vers les heures creuses quand l’itineraire le tolere, et de gerer des scenarios par zone. Couplee a une sonde de lumiere, la gradation ouvre la voie a un asservissement automatique qui vise un DLI quotidien et ajuste l’appoint en continu. C’est souvent le levier le plus rentable sur la duree.

Conclusion

Partez d’un DLI cible par culture, deduisez l’apport solaire reel, puis dimensionnez la puissance et le nombre de luminaires en soignant l’uniformite. Validez les contraintes thermiques et electriques, et privilegiez un pilotage gradable. Etablissez votre cahier des charges agronomique, puis faites verifier le calcul photometrique et electrique avant tout investissement.

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